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LE FANTOME DU BENGALE

FANTOME DU BENGALE  BD – Histoire et légende

le fantome du bengale 0b2Le Bengale, siège déclaré de la dynastie des Fantômes, s’étend de l’Himalaya au delta du Gange, et correspond en grande partie au Bangladesh d’aujourd’hui. C’est dans ce golf qu’en 1525, vingt-sept ans après la découverte de la Route des Indes, qu’un navire marchand britannique fut attaqué par les cruels pirates Singh qui massacrèrent équipage et passa­gers. Un seul homme en réchappa, qui échoua, épuisé, sur la côte. Il fut recueilli par les pygmées Bandar qui voyaient un homme blanc pour la première fois et qui le traitèrent quasiment comme un dieu. Cet homme s’appelait Sir Christopher Standish. Jeune noble anglais, il avait affrété ce navire pour découvrir les fabuleuses richesses de l’Orient.

Mais un jour, le flot rejeta sur la plage le cadavre d’un pirate chinois, vêtu des vête­ments du père de Sir Christopher, égorgé sous les yeux de son fils lors de l’attaque. C’est sur le crâne de celui qui était vraisem­blablement l’assassin de son père que le jeune Anglais jura alors de consacrer sa vie à la lutte contre toutes les formes de crimi­nalités et d’injustices. Il alla même plus en liant toute sa descendance à ce serment. C’est ainsi que depuis vingt générations, dès lors qu’un Fantôme ne peut plus assumer sa tâche, son fils prend le relais, pareillement costumé, de sorte que ce héros semble immortel, au point qu’il est tour à tour surnommé par les indigènes l’Esprit qui marche,  le Fantôme, l’Ombre, ou le Revenant qui marche.

LE FANTOME DU BENGALE – Le personnage

Le Fantôme apparaît le 17 février 1936 dans le «New York American Journal» et serait le 20e descendant du premier Fan­tôme, 411 ans après le serment initial. Il a fait ses études à Oxford et, dix ans après son retour dans la jungle, il a prononcé le serment traditionnel sur le crâne, devant son père, qui sera massacré par les Singh six mois plus tard.
Le quartier général des Fantômes est situé sur le territoire des Bandar, dans une vaste grotte dont l’ouverture a la forme d’un crâne géant. Le Fantôme en titre y rend la justice. Il a la particularité de porter une bague à tête de mort qui laisse une marque indélébile sur le visage des adversaires victi­mes de son poing.
Ce héros de BD a séduit plusieurs générations de lecteurs. En 1936, avec sa réputation d’invincibilité, ce personnage fascinant apportait un charme et un mystère inconnus jusqu’alors dans la bande dessinée. On peut le considérer comme le premier justicier masqué et l’ar­chétype même des super-héros.

LE FANTOME DU BENGALE …et sa famille

Toute une famille s’anime autour de lui : ses amis, les pygmées Bandar, et tout d’abord Guran, le complice et confident. Sa fiancée, Diana Palmer, la mère de cette dernière, l’onde Dave, le capitaine Horton. Sans oublier le loup fidèle Satan (Devil en V.O.). Au fil des aventures, de multiples comparses parmi lesquels d’innombrables femmes, aventurières, pirates, autoritaires ou mutines, cruelles ou simples viragos, souvent organisées en bandes (la Bande du ciel, le Cercle d’or). Ces créatures troublantes, souvent amoureuses du Fantôme et qui, par jalousie, s’opposent entre elles ou trahissent le clan, sont toutes dotées, grâce au talent de Ray Moore, d’un charme incontestable teinté d’érotisme. Mais la sportive et séduisante Diana Palmer, les surclasse toutes, sans arrêt perdue et retrouvée par un Fantôme dont elle hante les pensées. Ils finiront par se marier, sous le crayon de Sy Barry, en présence des Bandar, de Mandrake le magicien et de Lothar, antres célèbres créations de Lee Falk.

 

FANTOME DU BENGALE – Les illustrateurs

Le Fantôme est né en 1936 sous le pinceau de-Ray Moore. Ce dernier dut céder la place à son assistant Wilson McCoy en 1947, à la suite d’une grave blessure reçue pendant la Seconde Guerre mondiale. McCoy a assumé le personnage jusqu’à sa mort en 1961, puis Sy Barry a pris le relais jusqu’en 1994, assisté par George Roussos et Joe Giella. La série a également fait l’objet de comic books dès 1939, édités par David McKay Publishing, Gold Key, King Features, Charlton et par D.C. Comics, auxquels participaient notamment Wallace Wood, Jeff Jones, AI Williamson, Steve Ditko Jim Aparo et Joe Orlando. Lee Falk l’a adapté, à partir de 1972, sous la forme de romans publiés chez Avon Books.

LE FANTOME DU BENGALE est devenu un classique publié dans plus de soixante pays. En Italie, sous le titre L’Uomo Mascherato, elle connaît dès 1937 de nombreux épisodes inédits, conçus par des artistes anonymes.

FANTOME DU BENGALE BD – Les publications Françaises

La carrière française du Fantôme du Bengale est prolifique. Il apparaît en 1937 dans l’hebdomadaire Aventures, où il conserve une pleine page couleur pendant plus de quatre ans, jusqu’au n°38 de 1941, puis dans Robinson, du n° 181 (1939) au n° 280 (1941). Après la guerre, il réapparaît dans Paris-Jeunes-Aventures, du n°52 de juin 1947 au n°30 du 24 juillet 1950. Le quotidien L’Aurore l’accueille pendant de nombreuses années, et plus brièvement, Johnny en 1970.
C’est surtout dans les collections de récits complets que le Fantôme a marqué sa présence. A commencer par 17 titres de la prestigieuse collection Aventures et Mystère de la SAGÉ, signés Ray Moore. Ces fascicules, de grand format à l’italienne, aux attrayantes couvertures kaléidoscopiques et aux couleurs chatoyantes, tirées sur du beau papier, parurent de 1938 à 1940.
Une autre collection de la SAGÉ publia de 1949 à 1953 les exploits de L’Ombre qui marche en 50 fascicules, de 1949 à 1953 (R. Moore, McCay), sous de belles couvertures de Frisano.

Les éditions lyonnaises des Remparts, enfin, se firent les champions des rééditions du Fantôme, à travers quatre collections, de 1953 à 1974. Ces reprises, jointes à celles de Mandrake, de Raoul et Gaston, de Rip Kirby, Steve Canyon ou Luc Bradefer, correspondaient à une réelle attente des lecteurs.

La première collection, dite Le Fantôme – Aventures américaines est la plus prolifique avec 386 numéros de 1963 à 1972. La deuxième, baptisée spécial Fantôme, comprend 99 numéros édités de 1965 à 1973.

La troisième est dans la continuité de la première. Intitulée Le Fantôme – Aventures américaines , elle en poursuit la numérotation, du n° 387 (22 avril 1972) au n° 456 (1974). L’intérêt de cette variante réside dans son cahier central de 8 pages couleur de grand format plié en deux, qui rassemble chronologiquement les planches du dimanche de Ray Moore et McCoy .

Quatrième collection des Remparts, enfin, Les Héros de l’aventure (appelée d’abord Les Classiques de l’aventure) présente 78 numéros en petit format à la française (1964 – 1978).